Raccord à sertir ou à compression sur PER : lequel choisir selon votre installation ?

Sertir ou comprimer — la question revient à chaque installation PER. Le sertissage impressionne par son côté pro, la compression rassure par sa simplicité. Mais les deux ne sont pas interchangeables, et en choisir un par défaut peut coûter cher sur la durée.

Sertir ou comprimer : une question d’outillage autant que de fiabilité

Le raccord à sertir nécessite une pince à sertir calibrée selon le diamètre et le profil du raccord (profil TH ou profil M). Sans l’outil adapté, la bague n’est pas correctement comprimée et la connexion n’est pas étanche. C’est le frein principal pour les bricoleurs : la pince coûte entre 300 et 600 € à l’achat, ou 15 à 30 € par jour en location.

Le raccord à compression, lui, se pose avec une simple clé plate. Pas d’investissement en outillage. La bague conique ou l’olive se comprime par serrage mécanique de l’écrou. C’est accessible, rapide, et suffisant dans de nombreux cas.

Ce que disent les tests sur la durabilité à long terme

Le sertissage donne des résultats constants et reproductibles : une fois la bague comprimée au bon profil, l’étanchéité ne dépend plus d’un couple de serrage, d’une vibration ou d’un choc. C’est pourquoi les plombiers professionnels l’utilisent systématiquement pour les parties encastrées ou inaccessibles.

La compression est plus sensible aux contraintes extérieures. Sur un tube soumis à des vibrations (proximité d’une pompe, d’un ballon) ou à des cycles thermiques importants (eau chaude sanitaire à 60 °C), l’écrou peut se desserrer progressivement. Un contrôle du serrage tous les deux à trois ans est conseillé sur les raccords à compression accessibles.

Pour une liaison raccordement cuivre sur PER, les deux types de raccords existent en version mixte. Si vous voulez comprendre les détails de cette jonction cuivre-PER, l’article raccordement cuivre sur PER : les techniques qui tiennent dans le temps couvre toutes les étapes.

Guide de choix rapide selon votre situation

Situation Raccord conseillé Raison principale
Partie encastrée (chape, cloison) Sertissage Fiabilité sans maintenance
Zone accessible (sous évier, tableau) Compression ou sertissage Les deux conviennent
Dépannage rapide sans location d’outil Compression Pose sans outillage spécifique
Installation eau chaude sanitaire Sertissage préférable Tenue aux cycles thermiques
Chauffage au sol (PER sous chape) Sertissage obligatoire Inaccessible après coulage

Pour le chauffage au sol notamment, la norme DTU 65.14 impose des raccords contrôlables ou en nombre limité sous chape. En pratique, les installateurs évitent au maximum les raccords sous dalle et privilégient les boucles continues.

Les points de vigilance communs aux deux types

Quel que soit le raccord choisi, deux points sont non négociables. Le premier : l’insert de renfort intérieur en laiton ou inox. Sans lui, la bague de serrage écrase le tube PER et crée une zone de faiblesse. Le second : la coupe nette et perpendiculaire du tube. Un tube coupé en biais fausse l’assise du raccord et compromet l’étanchéité dès la mise en eau.

Vérifiez aussi la compatibilité du raccord avec le type de PER utilisé. Certains raccords à glissement ne sont compatibles qu’avec du PER-a à mémoire de forme. Les indications figurent sur l’emballage — lisez-les, ça évite un retour en magasin après avoir tout préparé.

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